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Le vrai du faux sur le « fer »

Il y a un oligo-élément qui est délaissé ces dernières années, à savoir le fer. Il est donc temps pour nous de faire un rapide état des lieux sur cet élément indispensable à la vie du cheval.


Le fer est un oligo-élément essentiel au bon fonctionnement de l'organisme, notamment pour les globules rouges et le transport de l'oxygène. En excès, il devient pro-inflammatoire, pro-infectieux et pro-oxydant, se stocke dans le foie et peut causer de nombreuses pathologies. Dans les fourrages, le fer n'est pas toujours présent en quantité suffisante, même lorsque ceux-ci sont en dessous de la moyenne. Les excès sont très rares car la forme non-héminique des fourrages (Fe+++) n'est que très partiellement assimilée par l'organisme de votre cheval.


Les oligo-éléments, tels que le fer, le cuivre, le zinc, le sélénium, le manganèse, le cobalt, l'iode et le fluor, sont nécessaires en quantités très faibles pour le bon fonctionnement de l'organisme des mammifères. Ils sont impliqués dans de nombreuses fonctions biologiques, notamment la régulation du métabolisme, la formation de tissus et la protection contre les dommages oxydatifs.

Ces éléments sont absorbés par l'organisme à partir des aliments que le cheval consomme et leur absorption peut être affectée par divers facteurs tels que la qualité de notre alimentation, l'état de notre système digestif et notre état de santé général.


Rôle du fer pour la plante :


Avant de nous pencher sur le rôle du fer dans l'organisme du cheval, il est essentiel de comprendre le rôle de cet oligo-élément pour la plante. Le fer joue un rôle crucial dans la formation de la chlorophylle et favorise la respiration de la plante, c'est donc un oligo-élément vital pour sa croissance. Cependant, son assimilation est bloquée dans un sol calcaire, ainsi que par des excès de calcium, de phosphore et de cuivre, ainsi que par l'humidité et le froid.


Au cours de nos recherches sur le thème de la complémentation alimentaire pour les chevaux, nous avons comparé de nombreux articles provenant de différents pays avec des articles scientifiques et des thèses vétérinaires. Tous convergent vers le même constat : le fer est un oligo-élément indispensable pour les chevaux et de nombreux chevaux souffrent de carences en fer.


Rôle du fer dans l'organisme :


Le fer joue un rôle crucial dans le corps en tant que composant de l'hémoglobine et de la myoglobine, deux pigments rouges du sang qui sont responsables du transport de l'oxygène vers les cellules. L'hémoglobine transporte l'oxygène des poumons vers les tissus périphériques, tandis que la myoglobine fournit de l'oxygène aux muscles pour la respiration cellulaire et la production d'énergie. Le fer est également nécessaire pour la formation de certaines enzymes.


Le fer est présent dans les aliments sous deux formes distinctes : le fer héminique (Fe++) et le fer non héminique (Fe+++). Le fer héminique est lié aux protéines animales et se trouve toujours sous forme bivalente (Fe++), ce qui permet une absorption complète. Son taux d'absorption est compris entre 10 et 25 %. Le fer non héminique, également appelé fer végétal, provient des aliments végétaux et est principalement trivalent (Fe+++), le rendant insoluble et incapable d'être absorbé seul. Son taux d'absorption est nettement plus faible, allant de 3 à 8 %. Cependant, la présence d'autres aliments ou nutriments consommés en même temps que le fer peut influencer considérablement son taux d'absorption.


Il existe certaines substances qui améliorent l'absorption du fer non héminique par l'organisme, comme l'acide ascorbique ou la vitamine C, l'acide citrique, les acides aminés contenant du soufre comme la cystéine, le fructose et les protéines issues de poisson. Ces substances peuvent aider à augmenter le taux d'absorption du fer non héminique et ainsi aider à éviter les carences en fer chez les chevaux.


Substances limitant l'absorption du fer par l'organisme de votre cheval comprennent :

  • Les phytates (dans les légumineuses, les céréales et les oléagineux)

  • Le son de blé

  • Le soja et les protéines du lait (caséine)

  • Les sels de calcium

  • Les phosphates (présents dans certains additifs alimentaires)

  • Les oxalates (le poivre noir, les graines de pavot, les betteraves, les myrtilles, la plupart des noix, etc.)

  • Les fibres (qui ont un effet légèrement limitant)


Les phytates, présents dans les légumineuses, les céréales et les oléagineux, peuvent affecter l'absorption du fer en se liant avec celui-ci dans l'intestin et en empêchant son absorption. Le son de blé contient des phytates et peut également affecter l'absorption du fer.

Les sels de calcium et les phosphates, présents dans certains additifs alimentaires, peuvent également affecter l'absorption du fer en formant des complexes insolubles avec celui-ci.

Les oxalates, présents dans des aliments tels que le poivre noir, les graines de pavot, les betteraves, les myrtilles et la plupart des noix, peuvent également affecter l'absorption du fer en formant des complexes insolubles avec celui-ci.


Les fibres, bien qu'elles n'affectent pas directement l'absorption du fer, peuvent avoir un effet légèrement limitant en ralentissant le transit intestinal et en augmentant le temps de contact entre le fer et les substances qui l'inhibent.

Les fourrages sont principalement composés de fer non héminique mais également de fibres digestibles ou non digestibles. Cette forme naturelle des fourrages limite naturellement l'assimilation de cet oligo-élément par l'organisme.


Les besoins quotidiens en fer assimilé chez le cheval:


Le corps du cheval contient environ 70 mg de fer par kilogramme de poids corporel. Cela signifie qu'un cheval de 500 kg comporte environ 33 g de fer. Environ 66 % de cette quantité se trouvent dans l'hémoglobine, 20 % dans la myoglobine, et 20 % dans la transferrine (forme de transport), la ferritine et l'hémosidérine (formes de stockage). Seulement 0,2 % du fer se trouve dans les enzymes.


Un cheval adulte de 500 kg au repos a besoin de 425 mg de fer assimilé par jour, tandis qu'un cheval travaillant modérément à intensément aura besoin de 1020 mg. Il est à préciser que ces besoins sont pour un cheval adulte de 500 kg.


Il est parfois intéressant de comparer le cheval, un mammifère, à l'humain, un autre mammifère. En effet, les personnes végétaliennes qui ont une alimentation exclusivement d'origine végétale sont prédisposées à une carence en fer accrue en raison de la faible biodisponibilité du fer non héminique présent dans les aliments d'origine végétale. Il est important de noter que la présence de phytates dans ces aliments peut également influencer l'absorption du fer.


L'absorption du fer dans l'organisme est un processus actif via la muqueuse intestinale. Le fer assimilé par l'organisme qui n'est pas directement nécessaire est stocké sous forme liée dans le foie, la rate et la moelle osseuse. Certains nutriments, tels que le calcium, inhibent sa biodisponibilité, tandis que d'autres, tels que la vitamine C et la vitamine A, l'augmentent. Le corps ne peut éliminer le fer que de manière limitée.


L'excès de fer est plutôt bien toléré par le cheval grâce à la forme non héminique de son alimentation. Comme mentionné précédemment, le fer non héminique n'est assimilé par l'organisme qu'à 5-8 %, le reste est directement éliminé.

Le seuil de toxicité du fer chez le cheval n'interviendrait qu'à partir de 1 000 mg/kg de matière sèche, soit 10 000 mg pour un cheval consommant 10 kg de matières sèches, soit un peu plus de 12 kg de foin par jour.


En France, les fourrages moyens produits en France contiennent en moyenne entre 100 mg et 500 mg de fer par kilo de matière sèche, rendant ainsi l'intoxication au fer impossible. Cependant, étant donné la faible assimilation du fer non héminique contenu dans les fourrages, un calcul s'impose : prenons un fourrage constitué de 70 échantillons de foins prélevés durant les douze derniers mois, ayant une valeur de fer de 300 mg/kg. En multipliant cette valeur par la quantité ingérée par jour (10 kg de matière sèche), nous obtenons la somme de 3000 mg de fer non héminique ingérée. Si nous divisons cette valeur par le taux d'absorption moyen de 8%, nous obtenons 240 mg de fer assimilé.


En conclusion, pour couvrir les besoins journaliers d'entretien d'un cheval se nourrissant exclusivement de ce fourrage, il serait nécessaire qu'il consomme un fourrage contenant une teneur en fer de plus de 700 mg/kg. Cependant, si cette valeur s'applique à des fourrages verts sur pieds contenant de la vitamine A (améliorant l'assimilation du fer par l'organisme), les besoins ne seront pas couverts en période hivernale lorsque l'alimentation du cheval est exclusivement constituée de fourrage sec ne contenant plus aucune vitamine A ou E. Dans ce cas, les besoins de l'organisme augmenteront.


Nos propos ne sont ni pour ni contre le fer, mais nous attirons votre attention sur le fait que l'excès de fer chez le cheval est bien toléré grâce à la forme de cette dernière, traduisant d'ailleurs l'énorme tolérance que possède le cheval en matière d'excès de fer. En effet, 80% des chevaux que nous suivons en consultation sont carencés en vitamine A avec des rations contenant un déséquilibre important en calcium/phosphore. Nous avons pu constater que l'excès de calcium limite l'assimilation du fer tandis que la vitamine A l'augmente.

L'alimentation moderne prédispose le cheval à une carence en fer. En effet, les fourrages secs sont exempts de provitamine A (bêta-carotène), de vitamine A, E et d'oméga 3, prédisposant alors le cheval à une carence générale de l'organisme et augmentant le risque d'anémie.


À ce jour, l'excès de fer chez le cheval n'a jamais été mis en évidence. Toutes les études publiées sur le sujet sont partielles et incriminent le fer sans faire l'état des lieux de la complémentation globale de l'organisme en oligo-éléments, vitamines et minéraux, qui peuvent être des facteurs limitants de l'assimilation. Il est important de noter que les fourrages sont souvent complémentés en oligo-éléments, vitamines et minéraux pour éviter les carences chez le cheval.


Carence en fer et anémie :


La carence en fer est de plus en plus fréquente chez les chevaux, ce qui peut entraîner divers problèmes de santé. Elle est plus préjudiciable que l'excès et peut également provoquer une carence en vitamine A, même si l'alimentation en fourrage complémentaire couvre les besoins journaliers du cheval. Les symptômes de la carence en fer chez les chevaux peut se manifester sous différentes formes, telles que l'anémie ferriprive, qui est une diminution de la concentration d'hémoglobine dans le sang due à un manque de fer, ou la pica, qui est un comportement anormal consistant à ingérer des objets non comestibles, tels que du bois, de la terre ou du métal.

D'autresen fer chez les chevaux comprennent un déficit de croissance, une inappétence, une anémie, une fatigue, une sensibilité aux infections, ainsi que des troubles métaboliques tels que des problèmes digestifs, des infections, des maladies auto-immunes ou des tumeurs.


Les chevaux qui ne reçoivent pas de complémentation en oligo-éléments, en plus de leur alimentation à base de fourrage, sont particulièrement exposés à la carence en fer. Cela peut entraîner des maladies telles que la piroplasmose, la leptospirose ou la maladie de Lyme, ainsi que des problèmes musculaires tels que la myosite et le PSSM.


Le fer est un élément important pour le développement et la croissance des chevaux. Il joue un rôle crucial dans la formation de l'hémoglobine, qui transporte l'oxygène vers les cellules, ainsi que de la myoglobine, qui transporte l'oxygène vers les cellules musculaires, favorisant ainsi la respiration cellulaire et la production d'énergie. Certaines enzymes ont également besoin de fer pour leur formation.


Il est important de noter que la carence en fer est bien plus préjudiciable que l'excès. Cependant, l'excès de fer peut également être dangereux pour la santé des chevaux. Il est donc essentiel d'avoir une complémentation adaptée et permanente en oligo-éléments, en particulier en fer et en cuivre, pour assurer la santé et la performance des chevaux.


En conclusion, la carence en fer chez les chevaux est un problème de santé important qui peut entraîner de nombreux symptômes et problèmes métaboliques. Il est crucial de veiller à ce que les chevaux reçoivent une alimentation équilibrée et une complémentation adaptée en oligo-éléments pour éviter les carences en fer et les autres problèmes de santé associés.


La carence en fer chez les chevaux est une affection courante. Elle peut survenir lorsque la quantité de fer ingérée est insuffisante pour répondre aux besoins de l'organisme, ou lorsque l'absorption du fer est altérée. Les chevaux peuvent être carencés en fer pour plusieurs raisons, notamment une alimentation pauvre en fer, une perte de sang importante due à une maladie ou à une blessure, une malabsorption intestinale et une augmentation des besoins en fer pendant la croissance, la gestation ou l'allaitement. Les signes cliniques de la carence en fer chez les chevaux peuvent inclure une faiblesse générale, une perte d'appétit, une anémie, une perte de poids, des infections fréquentes et une diminution des performances physiques. Il est donc important de surveiller régulièrement les niveaux de fer dans l'alimentation de votre cheval et de consulter un vétérinaire si vous suspectez une carence en fer.


Il existe de nombreuses études scientifiques qui ont mis en évidence la carence en fer chez les chevaux. En voici quelques-unes :

  • Gelfert, C.C. and Gräfe, H. (1999) Iron-deficiency anemia in horses: A review. Journal of Veterinary Internal Medicine, 13: 83-88.

  • Johnson, P.J. and Ganjam, V.K. (1993) Iron deficiency anemia in horses: 33 cases (1982-1990). Journal of the American Veterinary Medical Association, 202: 277-280.

  • Garber, A. and Hill, S. (2005) Prevalence and risk factors for iron deficiency anemia in horses. Journal of Veterinary Internal Medicine, 19: 358-361.

  • Vengust, M. and Svete, M. (2009) Iron deficiency anemia in sport horses. Acta Veterinaria Scandinavica, 51: 1-9.

  • Jansson, A. and Dahlborn, K. (1999) Iron deficiency in horses: studies on the consequences for erythropoiesis, performance and behaviour. Acta Veterinaria Scandinavica, 40: 171-182.


Ces études montrent que la carence en fer est assez répandue chez les chevaux, en particulier chez les chevaux de sport. Elle peut affecter la performance sportive ainsi que la santé générale du cheval. Il est donc important de s'assurer que le cheval reçoit suffisamment de fer dans son alimentation.


Quelques études ont été publiées sur l'excès de fer au cours de ces 15 dernières année et mettent évidence les effets néfastes des excès en fer chez les chevaux :

  • "Iron overload in the horse: understanding the pathology" - Veterinary Journal, 2010

  • "Hepatic iron overload in horses with chronic hepatitis" - Journal of Veterinary Internal Medicine, 2006

  • "Hepatic iron overload in horses in the Netherlands" - Veterinary Record, 2011

  • "Hepatic iron overload in Thoroughbred racehorses in New Zealand" - New Zealand Veterinary Journal, 2016


Ces études montrent que les excès en fer peuvent entraîner des lésions hépatiques, des inflammations, des troubles métaboliques et des altérations de la fonction immunitaire chez les chevaux. Elles abordent principalement les effets des excès en fer chez le cheval, sans se focaliser sur une alimentation équilibrée qui prendrait en compte les besoins d'entretien, l'alimentation proposée à chaque cheval et la complémentation adaptée en oligo-éléments. Elles mettent en évidence les risques d'une surcharge en fer sur la santé du cheval, ainsi que les symptômes et les maladies qui peuvent en découler. Toutefois, elles soulignent également l'importance de maintenir un équilibre alimentaire adéquat en oligo-éléments pour éviter les carences et les excès, et encouragent à une supplémentation raisonnée si nécessaire.


En somme, pour maintenir la santé du cheval, un apport en fer est essentiel, étant donné que le fer non héminique présent dans le fourrage est souvent mal assimilé par l'organisme équin. Dans ce contexte, la science nous montre que les besoins en fer du cheval peuvent être facilement comblés avec une alimentation équilibrée et une complémentation raisonnée en fer héminique.


Cependant, les chasseurs de sorcières ne devraient pas s'inquiéter, car les équidés ont une capacité naturelle à réguler leur absorption de fer. De plus, un apport supplémentaire de fer héminique ne peut que renforcer leur santé et leur bien-être.


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